Homélie de Mgr Colomb pour le Vendredi saint
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Homélie de Mgr Colomb pour le Vendredi saint

Homélie de Mgr Colomb pour le Vendredi saint. 

Faire le lien entre notre vie et la vie de Jésus.   Se mettre à l’école de l’amour divin

Faire le lien entre notre vie et la vie de Jésus :

Nous venons d’écouter l'évangile de la passion. Dimanche des Rameaux, l'évangile  nous rapportait l’entrée de Jésus à Jérusalem, un triomphe, même si la foule des disciples qui l’acclame et le proclame Roi n’est pas innombrable. Aujourd'hui, nous avons écouté l’évangile de la passion où le même Jésus, à quelque jours de là seulement, est condamné à mort et crucifié. Ces deux récits ont été réunis intentionnellement dans la liturgie des Rameaux, parce qu’ils s’éclairent l’un l’autre. Le premier annonce le second et en révèle le sens : par un certains nombre de détails, il fait un rapprochement entre cette scène et l’intronisation de Salomon comme roi d’Israël ; il évoque aussi nettement une prophétie de Zacharie sur l’accueil à Jérusalem, par un peuple en liesse, d’un roi pacifique, le Messie promis par Dieu. En clair, ce triomphe, même modeste, annonce celui de la résurrection. Il faut lire ces deux évangiles comme un tout et célébrer ce vendredi saint les yeux fixés sur le mystère de la Résurrection. Ce jour n'est pas un moment lugubre à passer, vite oublié. Nous sommes invités à vivre une conversion semblable à celle de la foule dans le livre d’Isaïe (notre première lecture), livre écrit cinq siècles avant J-C. La foule qui s’exprime par le prénom « nous » parle du lynchage d’une personne anonyme appelée « mon serviteur », méprisé, abandonné des hommes…, mais ce serviteur broyé par la souffrance a plu au Seigneur, c’est un juste qui se chargera de la faute des multitudes et les justifiera. Ce serviteur, c’est Jésus ! Il n’a pas besoin que nous le consolions, que nous larmoyons. Il veut que nous fassions le lien entre notre vie et la sienne. Nous sommes invités à une conversion : reconnaître que nous sommes impliqués dans la passion de Jésus (C’est pour nous que le Christ a souffert, nous dit Saint-Pierre dans sa première lettre).

Il faut se mettre à l’école de l’amour divin

Un évêque philippin déclarait :" ces jours saints ne sont pas des jours pour s'auto-flageller, ni pour vivre de pieuses dévotions publiques ou des rêveries méditatives. Ce qui rend cette semaine sainte, c'est l'amour inconditionnel et inégalé que le Christ a vécu particulièrement en ces jours-là. Si vous voulez vivre la semaine sainte en vérité, aimez beaucoup, aimez toujours plus. Donnez aux pauvres, visitez les pauvres, visitez les malades".

Les jours saints sont la célébration du passage du Christ de la mort à la vie ; ils sont notre propre passage, avec lui, de la mort à la vie, une parabole, comme un sacrement, de ce que notre baptême a déjà réalisé pour nous, en germe. Car si cette semaine ne nous amenait pas à traverser avec Jésus la nuit de la mort (et chaque jour la mort fait son œuvre en nous, nous enfermant dans notre péché par habitude, par passivité, brisant un espoir, nous arrachant des êtres chers, nous privant de certaines capacités, arrêtant brutalement nos projets..), nous ne connaîtrions pas la joie de renaître avec lui de Dieu. Ce ne sont pas les souffrances du Christ qui ont du prix en tant que telles, c’est son amour pour lequel il a été condamné et qui nous permet de parler de plaies glorieuses, synonymes de fidélité, de courage, de vérité. C’est dans cet amour meurtri  que nous trouvons et puisons la vie, la vraie Vie !

Ne restons pas spectateurs de ce qu’a vécu Jésus ! Ne nous contentons pas de compatir à ses souffrances ! Ne cherchons pas non plus à nous « flageller » nous-mêmes, pensant être ainsi plus proches de lui ! Consentons à mourir avec lui à tout ce qui nous disperse, nous alourdit, nous enchaîne, nous isole, tout ce qui tue en nous la grâce de Pâques, pour accueillir, dimanche prochain, la Vie de Dieu. Cette semaine est très importante, très belle, c’est notre destinée d’enfants de Dieu qui est en jeu ! Vivons-la comme une grâce, dans l’espérance que déploie en nous l‘amour de Dieu.  Oui, chers frères et sœurs, la passion de Jésus, c’est une passion d’amour pour nous. Célébrer la passion, c’est se laisser sauver par Jésus ! Célébrer la passion c’est se mettre à l’école de l’amour divin !

+ Georges Colomb

 

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