Extraits de l’homélie donnée par Mgr Colomb le 16 juillet 2017 (15 ème dimanche du T.O.)
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Extraits de l’homélie donnée par Mgr Colomb le 16 juillet 2017 (15 ème dimanche du T.O.)

Extraits de l'homélie donnée par Mgr Colomb le 16 juillet 2017 – 15ème dimanche du T.O.

 

Chers amis,

Semer inlassablement !

Après avoir écouté la parabole du semeur, n’observons pas la configuration du  terrain (sol pierreux, bord du chemin, ronces, et enfin bonne terre !). Le terrain, c’est nous, chacun d’entre nous et avouons le humblement, il y a parfois des ronces, le sol peut être pierreux, etc… Il y a aussi de la bonne terre. Ne cherchons pas à moraliser cette parabole, regardons le semeur !

Le semeur c’est le Père qui sème la parole, le verbe qui s’est fait homme. Ce grain de blé semé en terre, c’est une histoire d’amour, une histoire de don sans limite sans fin, de don universel, sur tous les terrains du monde, pour tous. Le semeur sème sans se préoccuper de ce que produira son geste. Le cultivateur sait parfaitement qu’au milieu de l’ivraie il y a le bon grain et qu’on ne peut pas sacrifier le bon grain, qu’on ne peut pas arracher la bonne plante ! Le semeur, c’est aussi chacun d’entre nous qui sommes baptisés !

Il nous suffit, chers frères et sœurs, de regarder autour de nous, parfois à proximité de nous. Nous semons, nous annonçons l’évangile, nous essayons de vivre ce que nous enseignons aussi bien que possible, malgré notre péché, malgré nos limites. En famille, en Eglise, dans le milieu associatif, nous éduquons, nous assistons, nous transmettons notre foi, selon notre charisme, notre devoir d’état et quel fruit cela produit-il ? Tout cela est inégal. Certains parents, certains catéchistes désabusés me disent : « Nous ne comprenons pas, nous avons transmis à nos enfants ce que nous avons reçu, notre foi. Ils se montrent indifférents ». Ne soyons pas surpris, ceci est arrivé à Jésus. Saint-Jean (6,6) nous le rapporte « Beaucoup de disciples cessèrent de le suivre ».

Le semeur sème, il continue, le Seigneur aime, il continue, il l’a fait jusqu’à la croix ! La parabole nous montre que les semailles portent du fruit à raison de cent pour un. Le prophète Isaïe nous l’a annoncé : « Ma parole qui sort de ma bouche ne me reviendra pas sans résultat ». Notons que le prophète tient ces propos sur l’efficacité de la parole dans des circonstances bien difficiles. La suite du texte que la liturgie nous invite à méditer en ce dimanche nous montre qu’il annonce le retour des exilés. Il veut aussi lutter contre l’idolâtrie, vielle tentation lorsque les hommes perdent la foi en Dieu, ils fabriquent des petits dieux en quantités astronomiques, ils adorent des idoles, des dieux à leur mesure, sans consistance et parfois destructeurs de leurs personnes, de leur santé, mais ils sont tellement pratiques ces dieux sans consistance, ces dieux savonnettes. On les habille du grand mot « valeur », un fourre-tout, et c’est bon, c’est parti, le peuple n’a plus qu’à se mettre au garde à vous pour adorer les divinités de la société civile sans Dieu !

Isaïe nous dit que la parole ne retournera pas sans avoir accompli sa mission. Quelle mission si ce n’est le pardon que le Seigneur est venu apporter ? La réconciliation de l’humanité avec lui, la réconciliation entre les hommes, tout ce qui plaît à Dieu. Nous mesurons la mission qui nous attend : chercher ce qui plaît à Dieu et l’accomplir dans nos vies.

L’espérance de Jésus repose sur la même certitude qui remplit toute la Bible quand elle parle de Dieu et que le prophète Isaïe affirme en ce dimanche. Jésus sait que le coeur de l’homme est fondamentalement « une bonne terre », faite pour produire du fruit. Le divin a été semé dans le cœur de l’homme. C’est une semence qui prend son temps, le temps de Dieu, et qui porte du fruit !

Il y a des paroles qui libèrent ! Il y a des paroles et des actes qui sont de bons désherbants ! Lorsque Jésus demande trois fois à Pierre « M’aimes-tu ? ». Il le libère de sa trahison. Ce « m’aimes-tu ? » efface la parole de Pierre à la servante avant que le coq ne chante « Je ne connais pas cet homme ».  Osons nous libérer de notre péché, du mal et tendons une main secourable à nos frères éprouvés par les difficultés de la vie…..

Accueillir la parole, semer, mais aussi tendus vers l’avenir

Paul parle d’un enfantement, ainsi le projet de Dieu est comparable à la naissance d’une œuvre. La création n’est pas un évènement du passé, elle appartient à Dieu. Nous sommes tendus vers l’avenir et Saint-Paul nous invite à relativiser les souffrances du temps présent, les misères, les drames. La vie, le cosmos, sont le théâtre d’un combat entre les forces du néant et les forces de vie. Nous sommes partie prenante de ce duel, de ce combat et nous devons avec la douceur de l’évangile participer à cette libération de l’esclavage du péché…..

Le combat spirituel en notre vie se situe dans cette dynamique d’une vie avec Dieu et pour Dieu seul. Nous avons été créés à l’image de Dieu et à sa ressemblance afin de participer à sa propre vie divine ! Depuis le commencement de la création les forces du mal sont à l’œuvre, entraînent combat, division, lutte. La Bible en est pleine. Nous retrouvons ce combat surtout dans les Psaumes; Jésus a aussi connu les tentations et nous montre comment les affronter. Il a donné sa vie « pour que nous l’ayons en abondance » et que l’humanité entière retrouve son unité, dans l’unité de Dieu. St Paul, dans l’Epître aux Romains (8,20) lue aujourd’hui dit : « que la création a été assujettie au néant avec toutefois cette espérance : d’être affranchie elle aussi, de la servitude de la corruption, pour avoir part à la glorieuse liberté des enfants de Dieu... Nous le savons en effet : la création toute entière gémit maintenant encore dans les douleurs d’enfantement.».....

Grâce aux progrès scientifiques du XXe siècle une nouvelle vision du Cosmos nous est offerte. C’est un défi pour nous d’élargir notre manière de penser à la vie autour de nous. Maintenant, la Parole de Dieu qui nourrit notre vie de prière, prend une dimension cosmique que nous sommes en train de redécouvrir peu à peu. « Rendons grâce à Dieu le Père... Nous arrachant à la puissance des ténèbres, il nous a placés dans le Royaume de son Fils bien-aimé... en lui, tout fut créé, dans le ciel et sur la terre... » Col. 1. C’est au cœur de cette nouvelle vision du Cosmos que nous vivons notre vie cachée avec le Christ en Dieu…..

L’humanité entière et toute la création luttent, sont entraînées dans ce combat pour la vie, pour la libération : tant de peuples connaissent la violence, la guerre, la faim, manquent d’amour et de compréhension. Même la nature connaît actuellement une violence, un dérangement (Tsunami – inondations, tempêtes de toutes sortes, ... le réchauffement de la planète, pollution...). Le Pape nous invite à la prise de conscience dans l’encyclique Laudato Si. Sommes-nous conscients de notre responsabilité ?

Nous le voyons, chers frères et sœurs, nous sommes invités à semer inlassablement la Parole de Dieu, à en vivre et à participer, tendus vers l’éternité, à l’œuvre de la création qui continue. Aristote disait : « l’homme est un animal social, nous pouvons dire : l’homme est un animal cosmique ». Assumons notre part de responsabilité pour protéger la création, non seulement les petites fleurs, mais l’homme lui-même. Faisons le avec la grâce de Dieu pour le bien de l’humanité, pour le salut des hommes !

+ Georges Colomb

 

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