Fléac sur Seugne | Diocese La Rochelle
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Fléac sur Seugne

Romegoux nous avait conduit à une vingtaine de Kilomètres au nord de Saintes ; Fléac va nous mener à seulement 5 km au sud de Pons, dans cette tranquille vallée de la Seugne, où le « Beau XVIème » a fait éclore un des plus purs joyaux du flamboyant saintongeais miraculeusement parvenu jusqu’à nous.

C’est Louise de Savoie – la mère de François Ier – qui offrit la terre de Fléac à Elie de Polignac, le chambellan de son fils. Il allait la tenir au moins jusqu’en 1506. C’est lui, n’en doutons pas, qui entreprend cette somptueuse et intégrale reconstruction que le lion héraldique de sa famille, perché au sommet des colonnes hélicoïdales qui flanquent le portail, vient signer. Une marque de famille que l’on retrouve d’ailleurs à la porte de la modeste église de Polignac, en Hante Saintonge.

 L’histoire subséquente est moins reluisante que l’architecture ! A la dépravation d’un clergé absorbé dans les excès du système bénéficial, allaient répondre les horreurs des guerres de Religion. Vers 1560, le curé s’octroie les services de Bouron, maquereau de sa propre belle-sœur, et qui compte quelques moines dans sa « clientèle » ! Huit ans plus tard, les soldats huguenots joueront à la balle avec les têtes des moinillons du tout proche prieuré de Saint Blaise !

Par quel miracle la belle église flamboyante a-t-elle échappé à une ruine totale ? Peut-être par la grâce de Louis de Montbron, le seigneur de l’époque, dépensier et batailleur, mais bon catholique tout de même… L’édifice est là, très homogène, avec son plan cruciforme et son chevet plat. Neuf croisées d’ogives à liernes recouvrent le vaisseau, le transept et le sanctuaire, ainsi que la chapelle greffée au nord de la première travée. Leurs clés armoriées sont aux armes des Polignac, des Dumesnil d’Ardenne et des Laferrière.

Deux morceaux retiennent particulièrement l’attention : le clocher – monté sur le bras nord comme à Saint-Eutrope – coiffé d’une superbe lanterne à écailles, pas encore pleinement Renaissance, mais qui précède sans doute de peu celui de Saint-Fort-sur-Gironde, touché lui par les italianismes.

Le portail enfin, où tympan, voussures, niches à statue et pinacles se combinent avec une époustouflante liberté. Les redents trilobés, les réseau en filigrane du tympan ainsi que les énormes crochets tourmentés participent à une composition délirante accentuée par la façon dont les minces pinacles intermédiaires viennent brocher sur les piédroits et la naissance de l’archivolte.

Père Yves Blomme

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