Le maître-autel de la cathédrale Saint-Pierre de Saintes | Diocese La Rochelle
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Le maître-autel de la cathédrale Saint-Pierre de Saintes

Le grand autel de la cathédrale Saint-Pierre de Saintes est surmonté d’un baldaquin monumental qui s’harmonise assez bien avec le chœur reconstruit par Louis de Bassompierre entre 1654 et 1662. Mais en réalité, ce baldaquin ne date que du XIXème siècle. Nous ignorons pratiquement tout du dispositif liturgique de la cathédrale à la fin de l’Ancien Régime, si ce n’est que l’église était fort pauvre...

C’est à l’Abbaye aux Dames qu’en 1759, l’abbesse, Mme de Baudéan de Parabère, avait fait élever un somptueux maître-autel à baldaquin. Mais l’église étant devenue une caserne sous la Révolution, Bonaparte offrit les quatre colonnes de marbre du baldaquin à l’église Saint-Pierre. Cependant, celle-ci était alors si pauvre qu’elle ne trouva les moyens de profiter de ce cadeau qu’en 1822. Le baldaquin actuel fut achevé en 1826 par le marbrier Penaud, le maçon Morisson, l’ébéniste Fragnaud, et le peintre doreur Riche.

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Signification

Magnifier l’autel majeur par une construction grandiose est bien dans l’esprit de la Réforme catholique du Concile de Trente, qui prolonge ses effets au XIXème siècle. Les baldaquins d’autels, comme les retables baroques, poursuivent le même but. Rompant avec la tradition qui cherchait à dissimuler l’autel au fond du chœur clos fermé par un jubé, pour le service d’une liturgie de clercs hautement spécialisés - les chanoines des chapitres -, le Concile de Trente a rapproché du peuple le lieu de la célébration, en même temps qu’il l’a théâtralisée pour en souligner l’importance et même le caractère redoutable.

Les quatre fûts de marbre portent ici un entablement classique fortement architecturé, d’où partent quatre volutes galbées en bois doré, qui supportent un couronnement orné de lambrequins et de têtes d’angelots. Au « ciel » du dais, une colombe en plein vol rayonnante de gloire domine l’autel du sacrifice eucharistique. Le tout est surmonté d’une gerbe. Tel qu’il se présente aujourd’hui, abondamment coconné, et s’écaillant davantage de jour en jour, ce baldaquin nécessiterait une complète restauration.

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