Le retable de l’église Sainte-Béatrice de Landrais | Diocese La Rochelle
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Le retable de l’église Sainte-Béatrice de Landrais

Sous le règne de Louis XIV, la paroisse de Landrais eut pendant 61 ans pour curé François Nicolaï, un de ces pasteurs d’âmes tout attaché à son peuple, qui selon les habitudes de l’époque, avait littéralement épousé sa paroisse. C’est lui qui pendant plus d’un demi-siècle œuvra inlassablement au relèvement matériel et spirituel de ce village d’Aunis, qui se remettait peu à peu des ravages causés par les guerres de religion.

La visite effectuée dans la paroisse par le grand vicaire Guy d’Hillerin, le 7 octobre 1686, révèle que c’est lui, Nicolaï, qui est le grand bienfaiteur de sa paroisse, et que, de ses propres deniers, il a déjà fait orner l’église, construire la sacristie et rebâtir le presbytère.

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Description

Le retable a traversé les siècles presque intact, et une récente restauration lui a rendu une partie de ses coloris et de son éclat d’origine. Il ne s’agit pourtant pas d’un très grand retable. Il est loin de couvrir tout le mur du chevet, puisqu’il ne comprend qu’un corps central accosté de deux ailerons amortis par deux grandes statues de saint Pierre et saint Paul.

La niche centrale abrite toujours une statue de la patronne du lieu : sainte Béatrice, mais il s’agit d’un modèle en plâtre du XIXème siècle. Autel et tabernacle sont aussi plus récents que le retable lui-même. Le couronnement est constitué d’une sorte de cartouche accosté de palmes, sur lequel on voit la colombe de l’Esprit Saint sur une double couronne de fleurs et de nuages. Quatre colonnes supportent l’entablement. Les deux extrêmes sont cannelées, mais les deux autres sont torses et chargées de pampres, et les rinceaux en sont habités par quelques figures : un angelot et un petit vendangeur où on cru pouvoir reconnaître le curé lui-même à son petit rabat gallican qui dépasse de la redingote.

Ce retable d’époque Louis XIV est tout à fait exceptionnel en Aunis, puisqu’en dehors de lui, on ne trouve que des éléments disparates à Saint-Saturnin-du-Bois, dans l’île de Ré, ou bien encore dans certaines chapelles de La Rochelle.

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La spiritualité des retables

Les retables monumentaux, au décor chargé de fleurs, de fruits et de colonnes torses couvertes de pampres, sont une des expressions les plus caractéristiques de la Réforme catholique dans les paroisses - la réforme du Concile de Trente - qui entendait répondre à la Réforme protestante. On cherche à magnifier l’Eucharistie comme mystère et comme sacrifice, mais aussi à la rapprocher de l’assemblée des fidèles en supprimant jubés et chœurs clos.

L’autel « à la romaine », avec le tabernacle placé au milieu, s’accompagne ainsi d’un retable qui prend parfois des dimensions colossales. Il s’agit en quelque sorte de théâtraliser la transsubstantiation, en offrant un cadre exceptionnel au plus ineffable des mystères chrétiens. Dans certaines régions, les retables de cette époque abondent : le Maine - avec les retables lavalois en marbre et tuffeau - les vallées des Pyrénées et des Alpes - avec des retables en bois polychromés - Chez nous, ils sont par contre fort rares. Celui de Landrais est une exception.

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