Romegoux | Diocese La Rochelle
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Romegoux

Située à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Saintes, et entourée qu’elle est d’au moins quatre joyaux romans : Beurlay, Geay, Bords, et La Vallée…

L’édifice est l’exact contemporain du chantier de la cathédrale de Saintes avec lequel il offre beaucoup de parentés, à commencer par cette structure d’ensemble : une nef voûtée d’ogives qui s’appuie à l’ouest sur un gros clocher-porche, dérogeant ainsi à la règle du clocher central comme à celle de l’abside en hémicycle des églises romanes locales.

Entreprise à l’extrême fin du XV° siècle, l’église bascule doucement dans le « beau XVI° » que trahissent quelques maladroits italianismes, comme la clé de voûte de la première travée, avec ce joli profil coiffé d’un casque très « François Ier »...

Hormis cela, quelle débauche héraldique pour notre Saintonge ordinairement habituée à davantage de retenue ! On trouve les armes des Rochechouart, au droit de l’autel - qui invitent donc à une datation antérieure à 1503 – avec quatre clés secondaires (comme en la troisième chapelle sud de la cathédrale), dont celles du chapitre. Plus loin, ce sont les armes des Goumard ; ces Goumard, ainsi que les de Chastelet furent prieur du lieu et à ce titre présentaient à la cure.

On voit plus loin encore l’aîgle éployé de gueules des La Tour de Geay. Le seigneur de Romegoux sera plus tard le redoutable capitaine huguenot Guy d’Acarie qui, par un heureux coup de main sur le château de Taillebourg, entraînera en 1568 la Saintonge dans la troisième guerre de Religion.

Par quel miracle l’église de Romegoux conserva-t-elle ses voûtes ? C’est en effet sans doute alors qu’elle perdit celle de son clocher-porche (reconstruite ensuite plus haut, comme à Tonnay-Charente) ainsi que sa chapelle sud, ce qui nous vaut aujourd’hui dans l’arcade béante de l’ouverture une grande composition de verre et de métal.

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