Homélie donnée par Mgr Colomb le 1er mai

Publié le 1 mai 2019

  1. LE CHRÉTIEN EST LE SEL DE LA TERRE.

« Vous êtes le sel de la terre ; mais si le sel s’affadit, avec quoi le salera-t-on? Il n’est plus bon à rien qu’à être jeté dehors pour être foulé aux pieds par les hommes ».

Le sel a la triple vertu de conserver, de donner du goût et de soigner. Telle est également la triple influence d’une vie authentiquement chrétienne sur notre monde : l’évangile nous préserve du péché, donne un nouveau sens à nos œuvres, guérit nos fatigues et nos langueurs. Nul n’est chrétien pour soi. Le propre de notre foi est qu’elle s’incarne dans une tradition vivante : après avoir reçu, dans la vie sacramentelle, dans les enseignements de la catéchèse, dans le silence de la prière, nous devons encore rendre cet héritage rayonnant, devenir des levains dans la pâte de notre société, de nos familles, de nos communautés. Le sel, c’est notre adoration tantôt silencieuse, tantôt chantante ; le sel, c’est notre attention au prochain et notre volonté intime de lui transmettre ce que nous avons reçu ; le sel, c’est le contenu même de l’évangile qui doit s’incarner dans nos paroles et nos comportements. La vie chrétienne est une source intarissable de joie et de paix : « Qui regarde vers Dieu resplendira, sans ombre ni trouble au visage ». La contemplation des mystères de Jésus-Christ, mort et ressuscité pour nous sauver, nous offre un itinéraire de sainteté éprouvé ; c’est elle qui apaise nos tourments, guérit nos blessures, illumine nos horizons.

2.LE CHRÉTIEN EST LA LUMIÈRE DU MONDE.

« Vous êtes la lumière du monde : une ville, située au sommet d’une montagne, ne peut être cachée. Et on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison ».

Comment pouvons-nous devenir la lumière du monde ? La lumière accomplit deux œuvres bienfaisantes : elle éclaire et elle réchauffe. Mal employée, elle peut également blesser, soit en éblouissant, soit en brûlant. Saint Jean, dans le prologue de son évangile, dit de Jésus-Christ qu’il « était la vraie lumière ». Notre Seigneur est en effet la vérité incarnée, celui qui donne à notre œuvre de transmission son orientation fondamentale et son sens plénier. La vérité, pour être connue, doit être proposée : « Partez, tenez-vous dans le Temple et là, dites au peuple toutes ces paroles de vie », paroles de l’ange du Seigneur aux disciples emprisonnés. Voilà pourquoi Jésus nous invite à placer la Bonne Nouvelle du Salut au pinacle de notre existence. Le chrétien ne peut avoir honte de sa foi et vivre dans l’indifférence pratique de l’Evangile. Il doit au contraire chercher à incarner ce qu’il croit dans tous les aspects de son quotidien. Le chrétien est constitué « disciple missionnaire », parce que sa foi l’entraîne sur les chemins de l’annonce et du partage. Cependant, sa présentation de la vérité doit être accomplie avec prudence et charité. Sans prudence, nous risquerions d’éblouir nos auditeurs, peu habitués à contempler une lumière si pure ; sans charité, nous risquerions de consumer leurs bonnes dispositions par un zèle de mauvais aloi.

3.TRANSMETTRE PAR LA PAROLE ET PAR L’EXEMPLE.

« Ainsi, que votre lumière brille devant les hommes, afin que, voyant vos bonnes œuvres, ils glorifient votre Père qui est dans les cieux ». Jésus-Christ nous indique quel doit être l’instrument privilégié de notre témoignage. « Ce n’est pas celui qui crie : Seigneur ! Seigneur,  qui entrera dans la vie éternelle, mais celui qui fait la volonté de mon père qui est dans les cieux ». Ce ne sont pas de longs et beaux discours qui manquent à la fécondité de la mission, mais le témoignage humble et fidèle d’une vie toute conforme à l’Evangile. « La lumière est venue dans le monde, écrit saint Jean, et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Celui qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient dénoncées ; mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, pour qu’il soit manifeste que ses œuvres ont été accomplies en union avec

Dieu ». Transmet celui qui vit à tout instant sous le regard de Dieu ; transmet, celui qui accomplit les choix fondamentaux de sa vie dans la prière et l’abnégation ; transmet celui qui, par sa simplicité et son bon exemple, montre à son entourage le bonheur de l’idéal évangélique.

+ Georges Colomb

Évêque de La Rochelle et Saintes