Homélie donnée par Mgr Colomb le 28 juillet 2019

Publié le 29 juillet 2019

Extraits de l’homélie donnée par Mgr Colomb le dimanche 28 juillet à Saint-Laurent-sur-Sèvre aux jeunes de la Fraternité des Apôtres de la Vie.

Genèse 18,20-32 / psaume 137 / Colossiens2,12-14 / Saint – luc 11,1-13

La liturgie nous propose aujourd’hui un enseignement complet sur le sens et l’importance de la prière. Notre pèlerinage sur les pas de saint Louis-Marie Grignion de Montfort nous permet de contempler comment l’esprit de foi et le zèle apostolique peuvent transformer nos cœurs, nos villes, nos sociétés.

1)    « La prière est pour l’homme le premier des biens, écrivait Dom Guéranger ». Elle est une lumière qui nous éclaire dans les doutes et les difficultés de la vie, une nourriture riche en saveur et en réconfort, une participation à la vie même de Dieu puisqu’elle déverse en nos âmes des torrents de grâces.

Mais, de nous-mêmes, nous ne savons pas prier comme il faut. Voilà pourquoi, il est nécessaire que nous nous adressions à Jésus-Christ, et que nous lui disions, comme les Apôtres : « Seigneur, apprends-nous à prier ». Lui seul peut délier la langue des muets, rendre diserte la bouche des enfants, et il fait ce prodige en envoyant son Esprit de grâce et de prières, qui prend plaisir à aider notre faiblesse.

La prière est la respiration de l’âme : c’est elle qui introduit dans le secret de nos cœurs l’Esprit vivificateur,lui permettant de rayonner à travers nous dans le monde. Mais comment prier pour être entendu de Dieu ? Comment les cris et les larmes de notre cœur peuvent-ils être reçus par Dieu notre Père ?

2)    La première lecture nous offre un premier type de prière, qui est la prière d’intercession. Comme Abraham, le chrétien doit offrir des sacrifices et des supplications s’il veut être exaucé.

Certes, Dieu qui sonde les reins et les cœurs, connaît nos demandes avant même que nous les formulions. Mais dans sa bonté, il a disposé de nous offrir certaines grâces moyennant notre fidélité et notre persévérance. Le récit précédant la chute de Sodome a quelque chose de singulier : Abraham engage avec l’ange du Seigneur une négociation qui, à première vue, pourrait nous paraître mesquine. Toutefois, cette discussion inhabituelle vise à manifester la grandeur de la miséricorde divine, qui accepte de condescendre aux exigences du cœur humain et de fixer sa pédagogie sur nos misères, nos imperfections, nos incapacités à correspondre au travail de la grâce. «Pour dix, je ne détruirai pas Sodome ». Le dialogue entre l’ange de Dieu et Abraham nous révèle le rôle primordial de la persévérance et de la confiance en Dieu. Si souvent notre prière n’est pas exaucée, c’est que notre foi reste très imparfaite et que nous ne prenons pas au sérieux le plan de la providence ( Nous demandons n’importe quoi). Soyons au contraire comme l’ami importun de la parabole : si Dieu ne nous ouvre pas son Cœur, assiégeons-le de nos prières et il se laissera toucher. Si le monde qui nous entoure semble gagné par le péché, que notre fidélité à la loi du Christ soit pour nous l’occasion de faire pleuvoir sur nos proches une pluie abondante de grâces et de bénédictions. Soyons des intercesseurs ; forts de l’Esprit-Saint et de ses sept dons, élevons vers le ciel nos chants et nos œuvres pour obtenir le salut de notre pauvre monde….

3) Outre la prière d’intercession, le chrétien a pour mission de rendre grâces pour les nombreux bienfaits dont Dieu illumine son existence. « De tout mon cœur, Seigneur, je te rends grâce… Si haut que soit le Seigneur, il voit le plus humble ; de loin, il reconnaît l’orgueilleux. Si je marche au milieu des angoisses, tu me fais vivre ».

La protection de Dieu s’étend à tous nos besoins, mais elle demeure l’expression d’une sollicitude gratuite et imméritée du Créateur pour sa créature. Quel grand mystère : Dieu auquel rien ne manque, accepte de jeter les yeux sur de pauvres hommes, sans cesse enclins à lui désobéir ! En nous rendant participants de ses mérites et de ses vertus, il veut nous purifier, nous faire renaître à une vie nouvelle, nous élever à hauteur de sa gloire, ainsi que l’écrit saint Paul dans son épître aux Colossiens : « Dans le baptême, vous avez été mis au tombeau avec le Christ et vous êtes ressuscités avec lui par la foi en la force de Dieu qui l’a ressuscité d’entre les morts… Dieu vous a donné la vie avec le Christ : il nous a pardonné toutes nos fautes ». Ne soyons pas des fils ingrats, mais sachons nous émerveiller des prodiges que la tendresse divine accomplit en notre faveur et chantons à Dieu notre amour et notre reconnaissance…..

Confions à Notre-Dame, reine des apôtres, notre pèlerinage à Saint-Laurent-sur-Sèvres. Demandons-lui qu’elle fasse de nous des témoins rayonnants de l’évangile et qu’elle nous donne des âmes d’oraison. La prière nous procurera alors une joie que le monde ignore et la paix dans l’Esprit-Saint.

+ Georges Colomb

Évêque de La Rochelle