Homélie du dimanche 21 juillet 2019 donnée par Mgr Colomb

Publié le 22 juillet 2019

Homélie dimanche 21 juillet – Genèse 18, 1-10a // Psaume 14 / Colossiens 1,24-28 Saint-Luc, 10,38-42

Chers frères et sœurs,

Les textes de la liturgie de ce jour nous parlent du mystère de la rencontre entre Dieu et l’homme :

– Abraham au chême de Mambré avec un Envoyé divin

– Jésus avec Marthe et Marie

– rencontre du Christ avec chacun de nous, comme nous le dit Saint-Paul

Nous le voyons, notre foi naît dans la rencontre, elle se poursuit dans le compagnonnage. Elle s’exprime par les charismes de chacun, ce qui fait la richesse de l’Eglise, son unité dans la diversité.

1) Une rencontre prometteuse

Abraham et surtout Sara reçoivent la promesse de la venue d’un enfant. La fois accomplit des merveilles …Cela ne signifie pas qu’il faille se contenter de rester assis sous un arbre pour attendre la visite d’un ange. Cela veut dire que la vie est pleine de promesses.

Il me semble que l’homme contemporain vit trop dans le passé ou bien dans le présent, le nez sur le guidon, comme nous le disons. Il ne se projette pas dans l’avenir  en homme de foi. Tout est possible avec le Seigneur. La vie des Saints nous le montre et l’appel à la sainteté nous concerne tous.

Nous sommes invités à passer du désenchantement qui peut parfois nous habiter suite à diverses déconvenues à la foi de Saint-Paul qui, depuis sa rencontre avec le Seigneur ( sa conversion), est passé à une vie de compagnonnage spirituel avec lui.

2) Cette rencontre avec le Seigneur change notre vie ! Saint-Paul ne vit pas son ministère d’apôtre comme une fonction, avec des succès, des échecs, une carrière à préparer. Non, il vit son ministère comme un compagnonnage quotidien avec le Seigneur. Ainsi ses joies et ses souffrances ne sont pas les siennes. Il les porte avec le Christ, sa vie quotidienne est pleinement une vie de foi. Il n’a pas la foi quand tout va mal et qu’il a besoin de l’aide de Dieu. Sa foi, sa prière, sont une respiration spirituelle. Ainsi tout est bon pour faire vivre le Ressuscité dans le coeur des hommes. Il nous le dit : »le Christ est parmi nous l’espérance de la gloire » – « nous avertissons tout homme, nous instruisons chacun en toute sagesse afin de l’amener à sa perfection dans le Christ ».

Chers frères et sœurs, nous souffrons pour les autres. Auquel d’entre nous, cela n’arrive-t-il pas ? Une maman souffre pour ses enfants, un fils ou une fille souffre pour quelqu’un de sa famille. Nous pouvons souffrir pour notre Eglise. Toute cette fraternité qui naît de la foi en un même Dieu qui est père nous fait souffrir parce que nous ne pouvons pas rester indifférents devant le malheur qui frappe les autres. Saint-Paul donne un sens spirituel à cette souffrance : »ce qui reste à souffrir des épreuves du Christ, je l’accomplis pour son corps qui est l’Eglise ». Aussi, frères et soeurs, sachons le, nos soucis, nos larmes, notre solidarité, exprimés de diverses manières, nous rapprochent de la croix du Seigneur et sont, par conséquent, chemin de vie, chemin de résurrection !

3) pour vivre cette foi, le Seigneur donne à chacun un charisme particulier. A Marthe, il a donné celui du service ; à Marie, celui de la contemplation. A chacun d’entre nous est donné un charisme particulier, il faut en faire profiter notre communauté chrétienne et la société civile. Nous sommes un alliage d’action et de prière, de paroles et de silences, d’apostolat et de vie conemplative. L’un ne va pas sans l’autre. Saint-Jean-Paul II, dans l’encyclique Rédemptoris Hominis ( Le Rédempteur de l’homme) nous l’a enseigné : »le missionnaire est un contemplatif en action ».

Je souhaite que nous puissions faire, chaque jour, cette rencontre avec notre Seigneur, rencontre qui nous permet de marcher avec lui, à sa suite, rencontre qui donne du sens à notre vie, qui nous invite à l’intériorité, dans la prière, la méditation de la parole de Dieu, la communion au Corps du Christ ; rencontre qui nous invite à la fraternité de diverses manières. Ainsi, nous serons les hommes et les femmes d’un Dieu qui, en se faisant homme, est venu à notre rencontre. C’est la grâce que nous pouvons nous souhaiter les uns aux autres.  Ainsi soit – il !

+ Georges Colomb

Évêque de La Rochelle