Les chrétiens d’Orient s’exposent à Rochefort

Publié le 4 mars 2016

A l’initiative de l’abbé Yves Guiochet, curé doyen de Rochefort et de Katia Mikhaël, déléguée diocésaine d’Œuvre d’Orient, 60 personnes ont suivi, samedi 20 février à l’église St Louis, la conférence de Christian Lochon de l’Université de Paris – Assas, dédiée aux chrétiens du Moyen-Orient.

Avant la conférence, fut inaugurée l’exposition intitulée « La Grande Aventure des Chrétiens d’Orient », qui sera visible à St Louis tous les jours de 10 h à 18 h jusqu’au 29 mai 2016.

Les panneaux bien illustrés, didactiques et bien éclairés, méritent le détour. Ils nous expliquent entre autres, avec clarté, les cinq patriarcats : Jérusalem, Antioche, Alexandrie, Constantinople et Rome, ainsi que les six familles de rites orientaux : le rite chaldéen (syrien-oriental), les rites antiochiens (syrien-occidentaux), alexandrin-copte, byzantin-grec orthodoxe, arménien et latin.

Devant un auditoire où se trouvait, en plus des paroissiens de Rochefort,  une vingtaine de chrétiens de la diaspora irakienne et syrienne de La Rochelle, qu’il n’a pas manqué de saluer en arabe, M. Lochon a exposé l’histoire passionnante et complexe, des chrétiens d’Orient.

« Leur situation actuelle est dramatique alors qu’ils ont eu une grande importance sociale, culturelle et même politique dans les pays où ils vivaient, bien avant l’arrivée de l’Islam, je pense à la Mésopotamie-Irak, à la Syrie, à la Palestine, au Liban, à l’Egypte des coptes. »

Dans tous ces pays, les chrétiens ont été des vecteurs de culture et de progrès, grâce aux écoles religieuses où les élites musulmanes ont, de tout temps, envoyé leurs enfants. Certaines accueillent jusqu’à 90 % de filles musulmanes. Plus cultivés que la moyenne nationale, ils ont été les vecteurs du progrès lors du mouvement politique «Al Nahda », la Renaissance, en 1921, qui a promu le respect des religions ; ils ont ouvert les premières imprimeries, les Jésuites ont créé des universités, les Dominicains des écoles techniques et les Carmes des séminaires. L’ouverture d’innombrables maternités, dispensaires, hôpitaux, orphelinats et asiles de personnes âgées a couronné leur éminent apport à leur cher Orient.

La promotion de la femme est également à mettre sur le compte des chrétiens.

De tout cela ils n’ont guère été récompensés, car ils étaient exclus des postes de responsabilité administrative, politique et militaire, exception faite du Liban. Dans le chaos actuel, ils sont devenus les victimes de courants radicaux qui pratiquent les rapts et le meurtre à grande échelle ; chaque jour leur est un chemin de croix.

Le nombre de chrétiens au Moyen-Orient, en constante diminution, est estimé à 9 ou 10 millions de personnes, qui se répartissent en onze Églises orientales de rites différents. En Irak sur 1,2 million de chrétiens, avant l’attaque américaine de 2003, n’en subsistent que 500 000 ; 70 %  ont dû partir. En Syrie l’hémorragie est comparable.

M. Lochon, élève du grand orientaliste Louis Massignon ne croit pas à la disparition de ces communautés, dont certaines parlent encore l’araméen, la langue du Christ. Il espère que la France saura se montrer solidaire, comme au XIX siècle, lorsqu’à Paris des laïcs chrétiens ont lancé l’Œuvre d’Orient pour aider les Libanais et Syriens chrétiens persécutés par le pouvoir ottoman. Prions le Seigneur, venons en aide aux réfugiés qui arrivent en Charente-Maritime et finançons les institutions qui les aident, chacun à sa mesure.

Œuvre d’Orient : 20 rue du Regard 75006 Paris,

Dons en ligne : www.oeuvre-orient.fr

Thaddée Grzesiak

Photo de gauche à droite : le père Guiochet, Katia Mikhaël, Christian Lochon. @ : Thaddée Grzesiak