Pèlerinage diocésain à Lourdes : l’onction des malades

Publié le 4 août 2016

Dans le Sacrement de l’Onction des malades s’exprime l’infinie tendresse de Dieu et l’amour de Jésus pour notre humanité souffrante.

Messe de l’onction des malades

Évangile de Marc 5/25–35

Mes frères et sœurs,

Nous allons vivre ensemble un temps très fort : le sacrement de l’onction des malades. Nous vous sommes, à vous les malades, les personnes handicapées, extrêmement unis, dans cette belle étape de votre vie.

L’Évangile que je viens de proclamer nous parle à chacun. C’est un Évangile si proche, plein d’humanité et d’empathie pour celui qui souffre, celui qui espère, celui qui dans son corps ou dans son esprit est dans l’inquiétude et la désespérance. Dans ce sacrement s’exprime toute la tendresse et l’amour de Jésus pour le faible, le malade, le souffrant.

Cet Évangile, lisons-le dans un premier temps avec humanité et compassion.

Cette femme est malade depuis 12 ans. Elle souffre depuis toutes ces années. Elle a fréquenté de nombreux médecins, sans résultat, sans amélioration. Elle a dépensé tous ses biens pour être soignée. Son état empire. Il y a dans cette simple description de l’évangéliste la misère et la souffrance de cette femme, sa désespérance et sa solitude dans la maladie.

Combien de malades ou de personnes âgées m’ont confié « mon corps est ma prison » ;« ma rééducation est mon chemin de croix » ; « je ne peux plus lire, plus conduire, je suis seul. » ; « Je dois rester dans mon fauteuil, mes jambes ne me portent plus … ».

On ne peut pas parler de l’onction des malades sans reconnaître la souffrance de celui qui la reçoit. Grégory le Marshall, jeune chanteur de variétés, emporté par la mucoviscidose, disait : « rassurez-moi, si les douleurs me rendaient meilleurs. Racontez-moi sur ce lien qui me tient vivant dans ce monde ». Souffrances tellement inutiles.

Le slameur, « Grand corps malade », confesse dans un de ses poèmes à propos de la mort : « chaque disparition transforme mon cœur en dentelles » et aussi « que l’amour qu’on donnait à celui qui est parti est orphelin et cherche une cible ».

Ces deux citations associent à ce que vous vivez, votre entourage, vos familles, le personnel soignant. Nous devinons combien ils vous sont proches dans ces instants.

Mes frères et sœurs malades, dans ce texte d’Évangile, votre souffrance est reconnue. Vous êtes aimés, vous êtes compris, vous être reconnus dans vos attentes douloureuses.

L’élan de cette femme vers Jésus, sa confiance absolue nous émerveille : « en Lui, elle a mis sa confiance ».

Alors que la foule presse Jésus de toutes parts, Jésus se laisse toucher par cette femme malade. Il se laisse toucher par celle qui est faible et peureuse, malade et exclue, pauvre et sans considération.

À tel point que les apôtres rabrouent Jésus « tu vois la foule qui te presse et tu demandes « qui m’a touché ? »

Jésus se laisse toucher. Son cœur est plein d’attention et de compassion. Son cœur est plein d’humanité. Son regard se porte sur l’autre, l’oublié, l’infirme…

Dans une tendresse infinie, Jésus lui dit « ta foi t’a sauvée ».

Aujourd’hui, Jésus te redit à toi mon frère ou ma sœur malade : « Va en Paix, ta foi t’a sauvée ». Ta foi t’a mise en relation avec moi, avec le fils de Dieu, le fils de l’homme. Humblement aujourd’hui à Lourdes, tu t’en remets à Dieu ; Dieu te console de sa bénédiction. Ta foi est si forte, que le Père ne peut rien te refuser.

Ce texte d’Évangile que nous venons de méditer est un texte admirable. Il dit qui est Dieu. Dieu, Père infiniment bon ; Dieu qui marche au pas du malade, s’arrête pour l’attendre. Dieu aux rythmes des souffrants.

Notre Dieu est ce Père plein de bonté qui ouvre son cœur et se laisse toucher par celui ou celle que chacun ignore. Il est cette tendresse prévenante du Christ pour l’humanité souffrante. Il est cette paix qui vous envahit quand vous vous sentez regardés comme une personne.

Nous aussi, hospitaliers et pèlerins, nous sommes appelés à nous laisser toucher, émouvoir, bouleverser, convertir.

C’est là, à Lourdes, dans ce bel échange de prières entre Marie et Bernadette que se révèle la beauté du Père, et du Fils, dans l’Esprit, beauté de l’Amour reçu, donné, livré.

Un Amour qui sauve.

Un Amour qui relève.

Un Amour qui guérit.

Que cette onction que vous allez recevoir vous donne la force d’avancer.

Que cette onction vous donne la paix pour toujours aimer davantage.

La compassion pour rester ouvert à toutes les souffrances.

La joie de croire dans les temps de doutes.

Le pardon dans les moments de division.

Aujourd’hui, par cette onction, Dieu se laisse toucher par la souffrance. Dieu est ému.

Seigneur Jésus, nous prions avec Toi, pour chacun. Marie, nous te les confions.

Sébastien BEAU

Diacre