Confirmation. Homélie de Mgr Colomb des 17 et 18 juin 2017
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Confirmation. Homélie de Mgr Colomb des 17 et 18 juin 2017

Célébration de la confirmation à Jonzac et à La Rochelle les 17 et 18 juin

 

 

Vous allez être confirmés dans une belle Eglise :

vous êtes les hommes héritiers de la tradition

vous êtes les hommes et les femmes de lattente et de lespérance

vous êtes les hommes et le femmes du partage et du service

                  Héritiers de la tradition :

Je vous ai transmis la tradition qui vient du Seigneur, écrit Saint-Paul dans la lettre aux Corinthiens. Cette tradition, c'est la foi que nous avons reçue, c'est aussi l'eucharistie que nous célébrons, chers frères et sœurs, en ce jour de fête du Corps et du sang du Christ. "Vous ferez cela en mémoire de moi", nous a demandé le Seigneur !

ce n'est pas seulement une habitude, un dépôt précieux que nous transmettons

depuis 2000 ans, la tradition nous unit au Seigneur

nous transmettons le dépôt de la foi. Il vient bien du Seigneur et non de nos petites idées personnelles

cette tradition construit le corps du Christ tout au long de l’histoire de l’humanité

l'eucharistie, communion au corps du Christ, construit l'unité de l'Eglise.

A quoi se mesure notre fidélité ?

à la récitation d’enseignements reçus : NON !

A notre manière de vivre !....

Or, Paul s’inquiète des mauvaises habitudes que sont en train de prendre les Corinthiens. "nous avons tous part à un seul pain", écrit-il. Il fait allusion à la participation aux sacrifices d'animaux par certains convertis ! Quelques versets plus loin, Il leur rappelle les exigences de la vie fraternelle… « Je n’ai pas à vous féliciter, il y a des divisions.. ». Que dirait-il aujourd’hui en voyant tant de schismes et de divisions parmi les chrétiens au XXIème siècle ?

D’où vient l’exigence d’une vie en communion ? De l’eucharistie ! « La nuit même où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain ». Paul fait un lien direct entre la passion du Christ et ce geste....

De ce malheur de la mort sur la croix.. Livré, trahi, incompris, Le Seigneur va faire le geste suprême de l’Alliance entre Dieu et les hommes.  Haine et aveuglement vont conduire à l'amour et au partage (Ma coupe est pour vous, mon corps est pour vous)...

Le pardon, c’est ce don parfait, et par là même, Jésus montre la puissance de l’amour, seul capable de transformer les forces de mort en sources de vie. Il est vraiment grand le mystère de la foi. C'est ce mystère de vie pleine, surabondante, dans le Christ que nous célébrons ensemble.

Il est grand l'écart entre la profondeur de ce mystère et la mesquinerie de la conduite des chrétiens que Saint-Paul rappelle dans sa lettre (1 CO, 11-20) : "quand vous vous réunissez en commun, ce n’est pas le repas du Seigneur que vous prenez, car au moment de manger, chacun se hâte de prendre son propre repas, en sorte que l’un a faim, tandis que l’autre est ivre" !

Nous sommes aujourd’hui le corps du Christ en train de grandir chaque fois que nous proclamons le nom du Seigneur. Nous proclamons son témoignage d’amour jusqu’au bout

Nous nous engageons dans la grande œuvre de réconciliation et d’alliance inaugurée par Jésus. Nous mesurons le prix de la liberté qui nous est donnée par Dieu. Le livre du Deutéronome nous le rappelle " Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante années dans le désert... Le Seigneur voulait t'éprouver."  L'épreuve au désert, c'est le lieu de la vérité. Notre dépendance à l'égard de Dieu est vitale pour nous, comme elle le fut pour les Hébreux....C'est le seul moyen de ne pas devenir esclave des autres, c'est la condition de notre liberté. Se reposer sur Dieu, se souvenir du chemin parcouru, se souvenir de nos traversées du désert !....

Jusqu’à ce qu’il vienne, écrit Saint-Paul. Le Seigneur nous donne le temps, profitons-en, ne soyons pas impatients ! Nous sommes, nous le peuple chrétien, tendu vers la venue du Christ. Dans le « Notre Père », nous proclamons « Que ton règne vienne ». Certes il est tous les jours avec nous jusqu’à la fin des temps, mais nous espérons sa présence agissante. Nous sommes le peuple de lattente, de lespérance !

Pour la fête du Corps et du sang du Christ, Saint-Jean nous rapporte cette parole de Jésus "Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n'avez pas la vie en vous.... Celui qui mangera ce pain vivra éternellement". Le pain béni par le Seigneur est un don de Dieu. C’est le sens de l’offertoire, de la préparation des dons à la messe. Préparation des dons de Dieu.

Nous sommes intendants de nos richesses pour le bien de tous ! N’est-ce pas dans ce geste de dépossession que nous pouvons puiser l’audace des miracles.... Nous comprenons mieux le sens de la parole de Jésus : « Donnez leur vous-mêmes à manger ».

Et Jésus nous dit aujourd'hui ce qu'il disait aux disciples « Donnez leur vous-mêmes à manger ! », et nous disciples du Seigneur, faisons-nous de même avec des richesses que nous ignorons ou bien disons-nous comme les disciples : « Renvoyons les chez eux ! » ? C'est votre mission, chers amis qui allez être confirmés, de donner le corps du Christ, de partager votre foi, votre espérance de Baptisé et de Confirmé à vos frères qui n'ont pas eu cette chance de recevoir la foi qui est la vôtre.

Les trois évangiles synoptiques (Marc, Matthieu, Luc) rapportent l’institution de l’eucharistie le soir du jeudi saint. Saint-Jean raconte le lavement des pieds : « ce que j’ai fait pour vous, faites le vous aussi... ». Nous sommes les disciples du Seigneur, nous sommes les hommes du partage du pain et du lavement des pieds. Puissions-nous le demeurer ou le devenir ! Vous qui avez été baptisés et allez être confirmés, vous allez recevoir la force de l’esprit du Christ, être marqués au front par le signe de sa croix. Vous devrez, par conséquent, porter devant le monde le témoignage de sa passion et de sa résurrection, si bien que votre vie, pour reprendre une expression de Saint-Paul répande en tout lieu le parfum attrayant de Jésus. Si bien que notre Eglise grandisse par attraction. L’Eglise, peuple de Dieu, qui est le corps du Christ, reçoit de lui des grâces variées, que le Saint-Esprit répartit entre les chrétiens pour que ce corps progresse dans l’unité et la charité. Soyez donc membres vivants de cette Eglise et, sous la conduite de l’esprit saint, efforcez-vous de vous dévouer à tous les hommes, comme le Christ qui n’est pas venu pour être servi, mais pour servir.

L'esprit de force, de consolation que vous allez recevoir, vous sera précieux car il est plus noble, mais aussi plus difficile, d'être des serviteurs plutôt que des maîtres qui commandent. Que l'esprit saint soit votre force tout au long de votre vie. Il vous sera utile pour vos décisions au moment des grands choix que vous aurez à faire dans quelques années (mariage, prêtrise, vie religieuse, monastique, missionnaire), (Orientation dans vos études, votre vie professionnelle). Rendez grâce au Seigneur de vous donner une place entière dans son Eglise et prenez la cette place. Nous vous attendons, ceux qui n'ont pas goûté au pain de vie vous attendent !

+ Georges Colomb

 

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