A l’occasion de la restauration de l’église de Brie-sous-Archiac
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A l’occasion de la restauration de l’église de Brie-sous-Archiac

Homélie de Mgr Georges Colomb le 12 Août 2018

Je suis heureux d’être aujourd’hui dans cette église de Brie-sous-Archiac, toute restaurée et resplendissante ! Tout est beau pour le Seigneur ! La maison du Seigneur est belle !

Je voudrais remercier de nouveau M. le Maire, Le conseil départemental d’avoir permis la restauration de cette magnifique église, la maison où Dieu, comme nous le dit l’Évangile de ce jour, « nous instruira ». Oui nous serons tous instruits par Dieu si nous venons nous laisser instruire ! Mais pour se laisser instruire par Dieu faut il encore croire en Lui qui est le Maître ! Il n’est cependant pas facile de croire. « Dans notre monde souvent anéanti par la guerre, la violence, comment continuer à croire en Dieu ?». Nous entendons souvent cette question et nous même nous nous interrogeons : face à toutes ces catastrophes, Dieu est-il vraiment là ? Dieu existe-t-il ? Si oui, où est il ?

Rappelons nous cette belle phrase de saint Jean-Paul II dans son Encyclique Fides et Ratio en 1994. L’encyclique commence par ces mots : « la foi et la raison sont comme deux ailes qui, un jour, nous feront connaître la splendeur de la Vérité ». La foi et la raison vont ensemble !

Notre foi chrétienne réclame de notre intelligence 3 actes.

Le premier acte de foi est d’admettre que Dieu existe et qu’il a parlé aux hommes. Le second acte de foi est d’admettre que Jésus est le Fils de Dieu, venu dans le monde nous « raconter » Dieu. Enfin le troisième acte de foi est d’admettre que la parole de Jésus retentit dans son Église, dans cette belle église toute restaurée, et que malgré ses faiblesses et ses misères qui ne sont simplement que les nôtres, l’Église est toujours là, présente, porteuse du message de la Résurrection du Christ. Elle fait face à tous les débats. Elle est transparente.

Il n’a jamais été facile de croire. Nous le voyons à travers l’histoire Sainte : déjà le peuple choisi en a fait l’expérience lors de l’Exode : en effet les fils d’Israël avaient quitté l’Égypte tout heureux de la libération. Mais à cause de la marche dans le désert qui ne se terminait pas, et comme ils commençaient à souffrir, ils commencèrent à gémir et à se plaindre.

La première lecture nous le rappelle. Le prophète Élie, s’en prend à Dieu après tant de souffrances et de solitude: «maintenant Seigneur c'en est trop ! Reprends ma vie: je ne vaux pas mieux que mes pères !». Ne sommes-nous pas parfois dans cette situation ? Ne nous arrive t-il pas nous aussi, dans le quotidien de nos vies, face à la souffrance et aux difficultés, d’en vouloir à Dieu et de douter de son existence ?

Regardons Mère Térésa ! Cette femme extraordinaire, qui a tant fait pour les pauvres. Elle a douté de l’existence de Dieu plus de la moitié de sa vie et c'est une sainte !

Les contemporains de Jésus l’ont éprouvé eux aussi : Ce sont les premières exclamations des gens de Galilée : comment un homme qui a grandi dans une simple famille peut il prétendre descendre du ciel ? Ces premières exclamations correspondent à la première partie du discours sur le pain de vie dans lequel le Pain de vie désigne la révélation apportée par Jésus. Une seconde parole nous est rapportée plus loin par l’évangéliste St-Jean, dans la partie du discours, dite « Eucharistique » dans laquelle l’expression « pain de vie » renvoie à la Chair du Christ offerte pour le monde : « Comment cet homme peut-il nous donner sa chair à manger ? ».

Face à ces interrogations, Jésus reste sur place, présent et prend la parole pour rétorquer : « cessez de récriminer ! » À quoi bon discuter ? La foi, ce ne sont pas des discussions humaines, c’est une réponse humaine à une attirance de Dieu : «Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire». Ainsi nous comprenons que c’est le Père qui nous conduit à Jésus, en faisant grandir en nous cette attirance vers Jésus. Nous qui sommes ici ce matin, nous sommes l’objet d’un échange entre le Père et son Fils.

Nous sommes le cadeau de Dieu le Père à son Fils. Nous sommes des cadeaux de Dieu ! Prenons-nous en vraiment conscience ? Nous sommes des cadeaux de Dieu pour le monde ! Nous sommes des cadeaux de Dieu pour les autres, pour toutes les personnes que nous croisons ! Ne l’oublions jamais et soyons à la hauteur de ce don qui nous est fait, de cette dignité ! Dieu nous donne à son Fils Jésus et Jésus nous donne son Père. Jésus nous donne son Père afin de nous laisser enseigner par lui : « tous seront enseignés par Dieu ».

Oui, c’est cet enseignement de Dieu qui nous construit et nous façonne, qui nous transforme et nous recrée. Cet enseignement de Dieu, c’est Jésus lui-même car seul il a vu le Père, seul il est sorti de Dieu pour venir à notre rencontre ce matin dans cette église resplendissante ! Cet enseignement de Dieu c’est notre nourriture, c’est le pain de sa Parole, c’est la nourriture de la foi qui ne cessera jamais de nous construire et de nous faire avancer : «moi je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel ; si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement».

C’est ici même, dans la dernière phrase de cet évangile, à ce moment précis, que Jésus annonce la splendeur de son eucharistie : «le pain que je donnerai, c’est ma chair donnée pour la vie du monde» ! Oui, frères et sœurs, c’est l’eucharistie que nous revivons à chaque messe, dans le mystère de la Foi. Par la communion au Corps du Christ, nous devenons des mystères de vie, d’une vie nouvelle qui donne sens et embellit notre vie biologique. Dieu veut la vie pour l’homme. Il l’a voulue pour le prophète Élie alors que celui-ci n’y croyait plus. Il la veut pour nous. Il s’agit de la vraie vie que lui seul peut donner !

Chers frères et sœurs, dans quelques instants, Dieu sera présent au milieu de nous, dans l’eucharistie. Contemplons dans la foi le Corps du Christ ! Demandons la grâce de la confiance en Dieu, descendu du Ciel pour s’offrir à nous en nourriture éternelle et avec le psalmiste laissons éclater notre joie : « je bénirai le Seigneur en tout temps, sa louange sans cesse à mes lèvres !».

Amen ! 

+ Georges Colomb
Évêque de La Rochelle et Saintes

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