La communion chrétienne, c’est l’union des fidèles entre eux, fondée sur leur union à Dieu. La source et le terme d’une telle communion est l’unité des trois Personnes de la Trinité ; l’apôtre saint Jean commence sa première lettre par ces mots : « Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, afin que vous aussi soyez en communion avec nous. Quant à notre communion, elle est avec le Père et avec son Fils Jésus Christ » (1, 3).

Communier au corps et au sang du Christ, c’est entrer dans le mystère pascal et partager sa destinée. La communion eucharistique édifie l’Église et réalise la « communion des saints » (article du Credo) : recevoir le corps du Christ, c’est trouver sa place dans son Corps mystique et vivre l’union nuptiale de l’Époux et de l’Épouse. Assimiler le Christ consiste à devenir ce qu’il est, c’est-à-dire le Fils, pour exercer pleinement la vie filiale : « De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé et que je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi » (Jn 6, 57).

En ces temps où nous sommes des pèlerins sur les routes de l’histoire, la communion avec le Christ que nous vivons dans l’Eucharistie anticipe la rencontre que nous aurons avec lui lorsque « nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu’il est » (1 Jn 3, 2). Dans le pain eucharistique nous trouvons la force pour marcher vers ce but lumineux.  

JEAN-PAUL II – AUDIENCE GÉNÉRALE
Mercredi 25 Octobre 2000

L’Eucharistie est la nourriture de la route et la nourriture de la plénitude messianique dans l’éternité. Elle est présence divine et transcendante, communion avec l’éternel, signe de la « compénétration de la cité terrestre et de la cité céleste » (GS, n. 40). L’Eucharistie, mémorial de la Pâque du Christ, introduit de l’éternité et de l’infini dans l’histoire humaine. Elle est tournée vers l’ultime venue du Seigneur et tendue vers la plénitude du règne de Dieu.
Communion au Christ, l’Eucharistie est donc participation à la vie de Dieu qui est éternelle et qui triomphe de la mort. Ainsi, on peut dire avec le théologien russe Sergej Bulgakov : « La liturgie est le ciel sur la terre ».